Draw somewhere else

Native du Nord de la France, mes yeux sont habitués irrémédiablement à l’horizontalité, la ligne, le trait et par tradition familiale la couture.

Je n’ai connu que ça, des paysages lointains, dessinés dans la brume, qui se reflètent dans les étangs, des silhouettes chinoises de maisons, d’arbres accrochés à une ligne, mais également la dureté de la brique, de la pierre, le noir du charbon, les gris colorés des espaces construits et industriels.

 « dé-paysage »  prend sa source lors d’un voyage en Corse en 2016 où la tout devient paysage vertical, la couleur se fait présente alors.

Le paysage m’ emmène alors… Il devient évocation, invocation.  Il convoque alors notre part animale et éduquée. Il est physique et réel, mais aussi concret et concept.​

Il est sous-entendu que nous le regardions seul ou ensemble. Nous sommes partie prenante. Il nous abstrait tout en nous rendant présent au monde, une demi-présence au monde.

 On lui fait face, on lui tourne le dos, on fait partie de lui. Mais, existe-t-il sans nous ? Ne le sublimons nous-t-il pas d’un simple regard ? Ne lui accordons nous-t-il pas cette part magique et idéalisée ?

On le perçoit soit dans sa globalité, de loin, d’en haut, comme une entité, soit sous l’angle du paysage mental de la contemplation, de l’observation, précise, minuscule, fragmentée, mesurée.

Ces deux perceptions se complètent jusqu’à se prolonger : l’une ne fonctionne pas sans l’autre.

C’est à la fois sa matérialité et ce qu’il provoque en nous, qui nous fascine. Il reste un intermédiaire entre nos corps et nos consciences, nos spiritualités. Son horizontalité nous ouvre un au-delà de ce qui est et sa verticalité devient une séparation, une mise en abyme d’histoires intimes et de mondes communs.

 

                    Draw somewhere else à la Galerie Moving Art - Nice - 2019